La filière mise sur la loi de transition énergétique et la mobilisation des villes pour faire enfin démarrer les ventes.
Les acteurs de la filière des gaz de pétrole liquéfiés (GPL) reprennent espoir. Tombé très bas l’an dernier, avec 2.232 véhicules vendus en France, ce segment (0,7 % du parc automobile) du « marché de la mobilité » se prépare à évoluer dans un contexte législatif plus favorable. Celui de la future loi de transition énergétique, en cours d’examen au Parlement, qui va créer des zones à circulation restreinte (ZCR) dans les grandes agglomérations. Des secteurs où les voitures polluantes, principalement celles roulant au diesel, n’auront plus droit de cité. Ce qui ne devrait pas être le cas des véhicules au GPL bien placés pour figurer dans la catégorie des véhicules propres, dont la définition sera fixée par décret. Le GPL ne libère en effet aucune particule fine et relâche 15 % de moins de CO2 que l’essence.
Plusieurs villes, dont Paris qui vient de présenter son plan anti-pollution, sont prêtes à lancer leur ZCR. « Nous attendons également beaucoup de la loi Maptam, sur la dépénalisation du stationnement », indique Christophe Najdvoski, maire adjoint de Paris, chargé des transports. Cette loi ouvre aux agglomérations des perspectives de tarification variable selon les performances environnementales des véhicules. Les acteurs de la filière insistent aussi sur le caractère « abordable » (à partir de 8.000 euros pour un véhicule neuf et de 1.500 euros en seconde monte), « économique » (30 euros pour un plein) et « disponible » (1.750 stations déjà implantées) du GPL. Enfin, ce carburant ne pose plus aucun problème de sécurité. Mais l’interdiction de stationnement dans les parkings couverts a beau avoir été levée il y a près de dix ans, le message a encore du mal à passer, reconnaît le Comité français du butane et du propane (CFBP). La dynamique de ce marché « est aujourd’hui purement liée à un signal des pouvoirs publics », considère Joël Pedessac, directeur général du CFBP. Selon lui, les ventes de véhicules GPL pourraient dépasser 50.000 unités par an, si l’Etat faisait les mêmes efforts de promotion que pour les voitures électriques. Notamment s’il consentait à accorder une incitation à l’achat de 200 euros sous forme de bonus.
Joël Cossardeaux, Les Echos
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